Tous électrosensibles ?

Publié par F. de Terreneuve


Du fait de la présence dans notre corps de milliards de cristaux de magnétites (oxyde de fer), nous sommes tous électrosensibles. La présence de ces aimants biologiques (magnétosomes) fait que, soumis à un champ électromagnétique, notre corps réagit à la manière de l'aiguille d'une boussole qui s'affole. Ce signal est interprété comme une agression et le corps est stressé comme en témoigne la présence dans le sang de protéines du stress.

Le stress est un système d'alarme nécessaire qui permet de réagir en cas de danger. Mais le stress électromagnétique que nous subissons 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et peut-être surtout, sa variabilité, fait que l'alarme risque d'être déclenchée en permanence, ce qui perturbe le système neurovégétatif. Dans une seconde phase dite de résistance, l'organisme s'adapte au stress et met fin à l'alarme biologique, avec le risque de ne plus être alerté en cas de danger. Nul ne doute que le stress constant est un facteur qui fragilise considérablement nos organismes sur les plans physiologiques, psychologiques et émotionnels.
Ajoutons que les cellules du corps, notamment dans le cerveau, le cœur et l'intestin doivent nécessairement coopérer, coordonner leurs actions, se synchroniser grâce à des oscillateurs biologiques. Nos cellules communiquent entre elles grâce à des émissions / réceptions électromagnétiques extrêmement précises et de très faibles puissances. Il est bien évident que les signaux artificiels exogènes dus à nos appareils émetteurs de rayonnements électromagnétiques peuvent désynchroniser cette « horlogerie » d'une très grande sensibilité, avoir des conséquences graves sur l'activité neuronale, le métabolisme, les cycles hormonaux, le sommeil et l'ensemble des fonctions vitales.
Des chercheurs postulent que l'ADN se comporte comme une antenne sensible à tous types de fréquences. Les brins d'ADN, soumis en permanence à de nombreux champs électromagnétiques aux fréquences variables dans le temps (téléphones, Wi-Fi), subissent des milliards de torsions par seconde et peuvent finir par rompre.
Ces constats mis en évidence par des études rigoureuses rencontrent certainement un obstacle majeur : le poids de nos habitudes et le fait de privilégier un confort à court terme plutôt que notre santé et celle de notre entourage. Les enfants et adolescents sont plus fragiles, également moins conscients du danger et généralement leurs usages sont plus intensifs : par conséquent, ils sont plus exposés.

Dans le contexte de notre civilisation de la consommation effrénée, la compulsion prend souvent le dessus sur l'action consciente, réfléchie et prudente. Face au lobby de l'industrie et du commerce des technologies électriques, électroniques et sans fil qui influencent nos choix et réduisent nos capacités de discernement à grand renfort de campagnes publicitaires, de communication, voir de désinformation, il n'est pas étonnant que le consensus scientifique et la prise de conscience collective tardent à se généraliser.
Ainsi, par exemple, les tout-puissants opérateurs de la téléphonie mobile reprennent le vocabulaire propre à la radio et la télédiffusion en employant le mot «onde», qui renvoie à la propagation du son ou d'une vague sur une étendue d'eau, un terme poétique et inoffensif. Sur le plan de la stricte rigueur scientifique, il faut en réalité parler de «rayonnements», donc d'«irradiation», ce qui est beaucoup moins rassurant ! Autre exemple, le terme «Wi-Fi» qui renvoie à une norme de liaison sans fil, signifie «wireless fidelity», en français la «fidélité sans fil». Or, le mot « fidélité » signifie étymologiquement «fiable, sûr, digne de confiance»! Pourtant les troubles liés aux champs électromagnétiques sont bien connus depuis au moins trente ans comme en témoigne un rapport de la NASA daté de 1981 !
Si une prise de conscience appelant à une nécessaire sobriété des usages émerge difficilement auprès du grand public, ce n'est pas faute de preuves des risques liés aux technologies irradiantes. Preuves scientifiques et preuves par le témoignage des personnes qui souffrent d'un syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques.

Chacun est invité à faire un test très simple : couper durant la nuit les installations sans fil (téléphones mobiles et sans fil, Wi-Fi, etc.) et le maximum d'installations électriques dans la chambre (ou éloigner de plus d'un mètre les lampes de chevets et radio-réveils du lit).

Qu'est-ce que l'électrohypersensibilité (EHS) ? À la naissance, nous ne sommes pas égaux en matière de résistance aux pollutions électromagnétiques. La susceptibilité génétique varie d'un individu à l'autre, de même que les facteurs épigénétiques (lors de la genèse de l'embryon). Une femme enceinte soumise à des rayonnements importants va transmettre à son futur enfant une fragilité, ou hérédité épigénétique environnementale acquise. Puis, en fonction de son environnement électromagnétique, toute personne peut développer un syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM), une pathologie environnementale considérée à tort comme idiopathique (sans causes connues). Cela implique qu'une personne génétiquement plus sensible peut dans un environnement sain ne jamais développer de SICEM. À l'inverse, une personne au départ plus résistante peut, si le contexte est défavorable, développer un SICEM.
L'électrohypersensibilité permanente survient lorsqu'il y a abaissement du seuil de tolérance clinico-biologique de l'organisme aux champs électromagnétiques. Le phénomène est comparable à une allergie. Progressivement, l'intolérance, qui a pu être provoquée par une partie définie du spectre électromagnétique, va s'étendre à l'ensemble du spectre. Certains EHS développent même une intolérance à des champs électromagnétiques naturels comme la lumière du soleil ou le magnétisme terrestre. Une proportion de malades EHS cumulent également une autre pathologie environnementale, la sensibilité multiple aux produits chimiques (MCS).

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Les professionnels de la santé en première ligne
Les professionnels de la santé, tout particulièrement les médecins, peuvent obtenir une aide au diagnostic sur le site ehs-mcs.org développé par l'ARTAC et l'ECERI (Européean Cancer and Environment Research Institute). L'un des grands spécialistes français sur cette question est le professeur Belpomme qui propose une consultation en médecine environnementale et a pu diagnostiquer de nombreux EHS. Le rôle des médecins généralistes est fondamental qui rencontrent régulièrement, souvent sans le savoir, des personnes électro-hypersensibles ou ayant développé un SICEM.
Une grande difficulté lors du diagnostic est que le tableau clinique est large et la plupart des symptômes sont non spécifiques, généralement dermatologiques et neuro-végétatifs (voir INRS, ARTAC, rapports BioInitiative 2007 et 2012). Il existe des examens décrits sur le site ehs-mcs.org et même des traitements (anti-oxydants et antihistaminiques).

Un danger non pris en compte et pourtant reconnu au plus haut niveau
L'OMS, dans le cadre de la mission du CIRC, a classé les champs électromagnétiques comme potentiellement cancérigènes depuis 1998 pour les basses fréquences (essentiellement le courant électrique alternatif) et depuis 2011 pour les hautes fréquences (portables, Wi-Fi, etc.). C'est évidemment une décision consensuelle et "prudente". Car lorsque le "scandale des ondes" éclatera au grand jour, les responsables auront préservé leurs arrières sur le plan juridique...
Pour ce qui est des basses fréquences, il est aujourd'hui largement accepté que l'augmentation des leucémies infantiles est statistiquement très significative lorsque le foyer est situé à moins de 200 mètres d'une ligne à haute tension, et encore significative jusqu'à 600 mètres. Les preuves apparaissent largement suffisantes pour classer les irradiations basses fréquences dans le premier groupe des agents cancérigènes certains.
Pour ce qui est des hautes fréquences, des études épidémiologiques (Hardell et Interphone) montrent qu'il y a accroissement des risques de gliomes et de neurinomes de l'acoustique associés à un usage dit intensif des téléphones mobiles et sans fil. La dernière étude publiée en mai 2014 par un groupe de médecins et chercheurs INSERM-ISPED de Bordeaux, Caen et Nîmes montre que l'usage des téléphones peut être considéré comme intensif et dangereux à partir d'une demi-heure par jour durant cinq ans.

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De façon générale, si on exclut les risques de cancer, l'EHS constitue un handicap qui peut être très invalidant. L'EHS a été reconnue par le directeur de l'AFSSET et Roselyne Bachelot, ministre de la santé, en 2009. Le sénateur Raoul de l'Office Parlementaire d'Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques l'a également reconnue en mai 2010 (rapport n°2558 à l'Assemblée Nationale).
La résolution 1815 du Parlement Européen en date du 27 mai 2011 établit un certain nombre de préconisations pour réduire l'exposition du public aux champs électromagnétiques et encourage les États membres à prendre en charge les personnes EHS, notamment en créant des zones blanches (où l'intensité des champs est faible). Selon les parlementaires, les normes fixées dans les années 1990 par l'ICNIRP (appliquées telles quelles par la France) qui ne tiennent compte que des effets thermiques des champs électromagnétiques, devraient être totalement réétudiées à l'aune des nombreuses nouvelles études sérieuses publiées depuis 20 ans concernant les effets athermiques, de loin les plus nocifs. La situation est comparée à celle de l'amiante où la législation avait beaucoup tardé à répondre à un risque largement reconnu par les experts.

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Hyper-connectés aujourd'hui, tous malades demain ?
Si, au niveau des grands responsables politiques, des orientations ont été données, dans les faits, les recommandations ne sont généralement ni connues, ni appliquées par les personnels de santé, les médecins du travail et les agents des MDPH (Maisons Départementales des Personnes Handicapées). Face à cette pathologie émergente, les médecins, comme les MDPH, découvrent le plus souvent la réalité du handicap et des souffrances vécues lorsqu'un patient auto-diagnostiqué se présente. Les personnes EHS sont très souvent victimes d'errance médicale, tendent à s'isoler et risquent de devenir rapidement, faute d'une prise en charge adaptée, des exclus sociaux. Si certains parviennent tant bien que mal à conserver leur position sociale, dans de nombreux cas, souffrir d'EHS entraine une remise en question radicale de l'orientation professionnelle (perte d'emploi) et des modes de vie.

On estime que 10% à 15% de la population des pays développés seraient sensibles aux "ondes" à des degrés divers. Nous ne devons pas négliger les capacités d'adaptation des êtres humains mais ne faut-il pas admettre ici l'amorce d'une véritable épidémie dont la méconnaissance, entretenue par les lobbys, tiendrait du scandale sanitaire ?
Cliquez ici si vous pensez être intolérant(e) aux ondes.

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Faire mesurer son environnement électromagnétique à la maison ou au travail
Pour ceux qui souffrent de syndromes liés aux champs électromagnétiques et sont en errance médicale, c'est évidemment la possibilité d'appuyer un diagnostic. Les mesures du conseiller en environnement électromagnétique vont permettre, si nécessaire, de mettre en place des solutions de réduction des sources d'irradiation. Si le diagnostic de SICEM ou d'EHS est avéré, ces réponses conduisent à un mieux-être immédiat. C'est aussi la possibilité d'être rassuré en comprenant l'origine d'une souffrance, en écartant notamment une origine psychopathologique. Pour ceux qui n'ont pas encore développé de SICEM, c'est une occasion de prévenir les risques et de sentir mieux, moins fatigués.
Les professionnels de la santé devraient faire le point sur la qualité électromagnétique de leur cabinet afin de corriger les éventuelles anomalies et pouvoir accueillir, dans des conditions acceptables, non seulement les EHS ou les patients atteints du SICEM, mais également tous les autres. Les usagers ont compris qu'on ne devait pas fumer partout où cela pourrait gêner autrui. La même interdiction devrait concerner les téléphones portables et tout autre objet connecté dans les lieux publics, les transports en commun, là où il y a des personnes plus fragiles, malades, femmes enceintes, enfants.

Réussir la 3ème Révolution industrielle !
Apprendre à se servir des technologies de l'information et de la communication en préservant sa santé est une nécessité économique. Il en va de l'intérêt de tous et particulièrement des concepteurs, fabricants et vendeurs de ces outils utiles mais irradiants. Ignorer cette évidence pourrait bien être le véritable obstacle au développement économique à long terme...

Signer la pétition internationale adressée à l'OMS! Pour plus d'informations et de contrôle sur les émissions de champs électromagnétiques.
Il y a deux pétitions, une en Français, l'autre en anglais.
Références scientifiques :
Rapports BioInitiative 2007 et 2012
EHS & MCS (aide au diagnostic)
Dr Jean Pilette : Antennes de téléphonies mobiles, technologies sans fil et santé, 2008
Freiburger Appeal de médecins et chercheurs allemands, 2002

Publié dans épidémiologie

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