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Publié par Anna Cohen


Du fait de la présence dans notre corps de milliards de cristaux de magnétites (oxyde de fer), nous sommes tous électrosensibles. La présence de ces aimants biologiques (magnétosomes) fait que, soumis à un champ électromagnétique, notre corps réagit à la manière de l'aiguille d'une boussole qui s'affole. Ce signal est interprété comme une agression et le corps est stressé comme en témoigne la présence dans le sang de protéines du stress.

Le stress est un système d'alarme nécessaire qui permet de réagir en cas de danger. Mais le stress électromagnétique que nous subissons 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et peut-être surtout, sa variabilité, fait que l'alarme risque d'être déclenchée en permanence, ce qui perturbe le système neurovégétatif. Dans une seconde phase dite de résistance, l'organisme s'adapte au stress et met fin à l'alarme biologique, avec le risque de ne plus être alerté en cas de danger. Nul ne doute que le stress constant est un facteur qui fragilise considérablement nos organismes sur les plans physiologiques, psychologiques et émotionnels.

Ajoutons que les cellules du corps, notamment dans le cerveau, le cœur et l'intestin doivent nécessairement coopérer, coordonner leurs actions, se synchroniser grâce à des oscillateurs biologiques. Nos cellules communiquent entre elles grâce à des émissions / réceptions électromagnétiques extrêmement précises et de très faibles puissances. Il est bien évident que les signaux artificiels exogènes dus à nos appareils émetteurs de rayonnements électromagnétiques peuvent désynchroniser cette « horlogerie » d'une très grande sensibilité, avoir des conséquences graves sur l'activité neuronale, le métabolisme, les cycles hormonaux, le sommeil et l'ensemble des fonctions vitales.

Des chercheurs postulent que l'ADN se comporte comme une antenne sensible à tous types de fréquences. Les brins d'ADN, soumis en permanence à de nombreux champs électromagnétiques aux fréquences variables dans le temps (téléphones, Wi-Fi), subissent des milliards de torsions par seconde et peuvent finir par rompre.

Dans le contexte de notre civilisation de la consommation effrénée, la compulsion prend souvent le dessus sur l'action consciente, réfléchie et prudente. Face au lobby de l'industrie et du commerce des technologies électriques, électroniques et sans fil qui influencent nos choix et réduisent nos capacités de discernement à grand renfort de campagnes publicitaires, de communication, voir de désinformation, il n'est pas étonnant que le consensus scientifique soit empêché et que la prise de conscience collective des risques tarde.

Chacun est invité à faire un test très simple qui est généralement concluant. Il suffit de couper durant la nuit toutes les installations sans fil (téléphones mobiles et sans fil, Wi-Fi, etc.) et le maximum d'installations électriques dans la chambre (ou éloigner de plus d'un mètre les lampes de chevets et radio-réveils du lit).

Qu'est-ce que l'électrohypersensibilité (EHS) ? À la naissance, nous ne sommes pas égaux en matière de résistance aux pollutions électromagnétiques. La susceptibilité génétique varie d'un individu à l'autre, de même que les facteurs épigénétiques (lors de la genèse de l'embryon). Une femme enceinte soumise à des rayonnements importants va transmettre à son futur enfant une fragilité, ou hérédité épigénétique environnementale acquise. Puis, en fonction de son environnement électromagnétique, toute personne peut développer un syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM), une pathologie environnementale considérée à tort comme idiopathique (sans causes connues). Cela implique qu'une personne génétiquement plus sensible peut dans un environnement sain ne jamais développer de SICEM. À l'inverse, une personne au départ plus résistante peut, si le contexte est défavorable, développer un SICEM.

L'électrohypersensibilité permanente survient lorsqu'il y a abaissement du seuil de tolérance clinico-biologique de l'organisme aux champs électromagnétiques. Le phénomène est comparable à une allergie. Progressivement, l'intolérance, qui a pu être provoquée par une partie définie du spectre électromagnétique, va s'étendre à l'ensemble du spectre. Par exemple, les premiers symptômes peuvent apparaître en utilisant le téléphone mobile et s'étendre au rayonnement des écrans. Certains EHS développent même une intolérance à des champs électromagnétiques naturels comme la lumière du soleil ou le magnétisme terrestre. Une proportion de malades EHS cumulent également une autre pathologie environnementale, la sensibilité multiple aux produits chimiques (MCS).

Les professionnels de la santé en première ligne
Les professionnels de la santé, tout particulièrement les médecins généralistes, peuvent obtenir une aide au diagnostic sur le site ehs-mcs.org développé par l'ARTAC et l'ECERI (Européean Cancer and Environment Research Institute). L'un des grands spécialistes français sur cette question est le professeur Belpomme qui propose une consultation en médecine environnementale et a pu diagnostiquer de nombreux EHS. Le rôle des médecins traitants est fondamental qui rencontrent régulièrement, souvent sans le savoir, des personnes électro-hypersensibles ou ayant développé un SICEM.

Une grande difficulté lors du diagnostic est que le tableau clinique est large et la plupart des symptômes sont non spécifiques, généralement dermatologiques et neuro-végétatifs (voir INRS, ARTAC, rapports BioInitiative 2007 et 2012). Il existe des examens décrits sur le site ehs-mcs.org et même des traitements (anti-oxydants et antihistaminiques). Mais le seul traitement efficace est une mise à l'écart radicale de tous champs électromagnétiques.

Un danger non pris en compte et pourtant reconnu au plus haut niveau
L'OMS, dans le cadre de la mission du CIRC, a classé les champs électromagnétiques comme potentiellement cancérigènes depuis 1998 pour les basses fréquences (essentiellement le courant électrique alternatif) et depuis 2011 pour les hautes fréquences (portables, Wi-Fi, etc.). C'est évidemment une décision consensuelle et "prudente". Car lorsque le "scandale des ondes" éclatera au grand jour, les responsables auront préservé leurs arrières sur le plan juridique...
Pour ce qui est des basses fréquences, il est aujourd'hui largement accepté que l'augmentation des leucémies infantiles est statistiquement très significative lorsque le foyer est situé à moins de 200 mètres d'une ligne à haute tension, et encore significative jusqu'à 600 mètres. Les preuves apparaissent largement suffisantes pour classer les irradiations basses fréquences dans le premier groupe des agents cancérigènes certains.
Pour ce qui est des hautes fréquences, des études épidémiologiques (Hardell et Interphone) montrent qu'il y a accroissement des risques de gliomes et de neurinomes de l'acoustique associés à un usage dit intensif des téléphones mobiles et sans fil. La dernière étude publiée en mai 2014 par un groupe de médecins et chercheurs INSERM-ISPED de Bordeaux, Caen et Nîmes montre que l'usage des téléphones peut être considéré comme intensif à partir d'une demi-heure par jour durant cinq ans.

Faire mesurer son environnement électromagnétique à la maison ou au travail :
Pour ceux qui souffrent de syndromes liés aux champs électromagnétiques et sont en errance médicale, c'est évidemment la possibilité d'appuyer un diagnostic. Les mesures du conseiller en environnement électromagnétique vont permettre, si nécessaire, de mettre en place des solutions de réduction des sources d'irradiation. Si le diagnostic de SICEM ou d'EHS est avéré, ces réponses conduisent à un mieux-être immédiat. C'est aussi la possibilité d'être rassuré en comprenant l'origine d'une souffrance, en écartant notamment une origine psychopathologique. Pour ceux qui n'ont pas encore développé de SICEM, c'est une occasion de prévenir les risques et de sentir mieux, moins fatigués.
Les professionnels de la santé devraient faire le point sur la qualité électromagnétique de leur cabinet afin de corriger les éventuelles anomalies et pouvoir accueillir, dans des conditions acceptables, non seulement les EHS ou les patients atteints du SICEM, mais également tous les autres. Les usagers ont compris qu'on ne devait pas fumer partout où cela pourrait gêner autrui. La même interdiction devrait concerner les téléphones portables et tout autre objet connecté dans les lieux publics, les transports en commun, là où il y a des personnes plus fragiles, malades, femmes enceintes, enfants.

Réussir la 3ème Révolution industrielle !
Apprendre à se servir des technologies de l'information et de la communication en préservant sa santé est une nécessité économique. Il en va de l'intérêt de tous et particulièrement des concepteurs, fabricants et vendeurs de ces outils utiles mais irradiants. Ignorer cette évidence pourrait bien être le véritable obstacle au développement économique à long terme...

Références scientifiques :
Rapports BioInitiative 2007 et 2012
EHS & MCS (aide au diagnostic)
Dr Jean Pilette : Antennes de téléphonies mobiles, technologies sans fil et santé, 2008
Freiburger Appeal de médecins et chercheurs allemands, 2002

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