Une épidémie électromagnétique annoncée ?

Publié par François de Terreneuve

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Dans le contexte d'une hausse exponentielle de l'exposition aux rayonnements électromagnétiques artificiels (REMA), les données épidémiologiques sérieuses sont bien maigres pour appréhender le problème de l'électrosensibilité réelle, in vivo, des êtres humains.

Écouter le Professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine (début avril 2016). "Ces ondes agissent par résonance à distance, par interférence". Enfin, un changement de paradigme!

Une épidémie électromagnétique annoncée ?Une épidémie électromagnétique annoncée ?

Il y a dix ans déjà, selon diverses sources compilées par les docteurs G. Oberfeld et O. Halber en 2004 en Angleterre, en Irlande, en Autriche, en Allemagne, en Suisse, en Suède et aux États-Unis, le taux de personnes électrohypersensibles (EHS) atteignait 10%. Selon une extrapolation de leurs statistiques, nous devrions être aujourd'hui entre 25% et 50 % à être intolérants aux champs électromagnétiques !? Or, force est de constater qu'il n'en est rien, en tout cas officiellement, étant donné qu'aucune statistique n'est réaliséen France et bien peu ailleurs. Il est très probable qu'il y a de nombreux EHS qui s'ignorent. Tout cela advient dans un contexte de méconnaissance du problème, autant du public que des professionnels de santé puisque aucun médecin n'est formé à diagnostiquer l'électrohypersensibilité (qui est comparable à une forme d'allergie). Dans le cas français, aucun professionnel de santé n'est d'ailleurs formé à une approche plus globale, environnementale de la santé.
Vous trouverez en cliquant ici un article plus court et plus récent qui reprend un peu tout cela, en clarifiant la distinction à opérer entre électrosensibilité, électrohypersensibilité et syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques.
Nous aurions pu simplement considérer ces estimations statistiques citées comme non recevables car toutes réalisées selon une méthode différente, donc non comparables et non concluantes. Nous pouvons cependant y lire un indice de quelque chose qui émerge : un nombre de plus en plus important de personnes ressent des effets délétères liés aux ondes.

Une épidémie électromagnétique annoncée ?

En tant que EHS et ex conseiller en environnement électromagnétique, j'ai été amené à interroger des dizaines de personnes, dans le cadre professionnel, à travers des opérations de sensibilisation ou parmi mes proches et amis. Je propose ici mes propres estimations et mon échantillon n'est bien sûr pas représentatif.
Proportion des personnes interrogées en fonction de leur sensibilité aux rayonnement électromagnétiques artificiels (REMA) :
1 à 5% des personnes seraient EHS
dont une très faible part est diagnostiquée. Attention, le terme EHS cache ici des réalités très variables en terme de degré de sensibilité et des souffrances corrélées !  Certains EHS ont subi une
rupture sociale radicale.
25% des personnes seraient sensibles et ont souffert au moins une fois d'un syndrome temporaire d'intolérance électromagnétique (SICEM).
Les autres personnes seraient peu sensibles, ont pu ressentir certains effets des REMA sans les relier nécessairement à cette cause, les effets ayant été peu intenses.

Degré de sensibilité des personnes aux rayonnement électromagnétiques artificiels (REMA) :
Ce degré de sensibilité est estimé à partir des sensations et symptômes décrits par les personnes elles-mêmes que j'ai relié aux mesures relevées dans leur environnement.

Entre 10 à 100 μW/m² (0,006 à 0,2 V/m) : maximum supportable pour un EHS par 24 heures. En zone urbanisée, nécessite a minima un blindage poussé de la chambre à coucher.
Entre 100 à 1000 μW/m² (0,2 à 0,62 V/m) : fourchette moyenne qui serait supportable pour une personne sensible par 24 heures.

1000 à 10.000 μW/m² (0,62 à 2 V/m) : fourchette moyenne qui serait supportable pour une personne peu sensible par 24 heures.
Les personnes qui sont exposées à des moyennes supérieures à 10.000µW/m² sans ressentir d'effets peuvent être considérées comme insensibles.

On estime officiellement l'exposition moyenne des Français aux antennes-relais de téléphonie mobile et des services de sécurité à 1 V/m de champ électrique, soit 2500μW/m² en densité de puissance, ce qui est probablement très sous estimé. En ajoutant la pollution interne au domicile et celle des voisins, je pense que la moyenne d'exposition des Français est en réalité plutôt de 2 à 3 V/m, probablement plus proche de la valeur haute de cette fourchette.

Estimation plus proche de la réalité...

Estimation plus proche de la réalité...

C'est heureux pour le respect de la norme de compatibilité électromagnétique qui est de 3V/m au maximum. Cette norme évite aux appareils de se perturber les uns les autres, comme dans l'avion ou pour une personne équipée d'un pacemaker.
2V/m c'est déjà trop pour les 25 à 30% de personnes qui seraient sensibles. C'est insupportable au-delà de quelques minutes, voir quelques secondes pour un EHS. Il faut surtout ajouter que l'electrosmog provient pour la plus grande partie de nos propres appareils et usages : portable, Wi-Fi permanent et téléphones sans fils (DECT). Au final, de nombreuses personnes sont réellement exposées à au moins 3 V/m, ou 20.000μW/m².
Cliquez ici si vous pensez être intolérant(e) aux ondes.
La 4G s'est largement généralisée et les antennes relais émettent de plus en plus fort. Sur les smartphones, qui pense à désactiver le Wi-Fi et le Bluetooth ? Le doigt glisse et on active ces options parfois involontairement !

Une épidémie électromagnétique annoncée ?

Je me souviens d'un forum où des utilisateurs demandaient à ce que le TGV soit équipé en réseau Wi-Fi. Or, même si le réseau Wi-Fi est inexistant, les appareils recherchent en permanence le réseau et rayonnent, ce qui fait que même sans Wi-Fi, les rames du TGV sont polluées en fréquences du Wi-Fi (2,45 GHz, fréquence très proche du four à micro-ondes). On comprend dans ce petit exemple que les ondes nous polluent partout et toujours à notre insu. Bien sûr les rames du TGV sont surtout polluées par les nombreuses personnes qui téléphonent, regardent des vidéos via la 4G, etc.
Comment sortir de la fausse opposition entre la santé, la santé publique, l'environnement et les enjeux économiques ?
Comment réussir la révolution numérique si les acteurs les plus dynamiques deviennent victimes des technologies sur lesquelles et avec lesquelles ils travaillent ?

Une épidémie électromagnétique annoncée ?

Rappel des précautions d'usage d'un téléphone portable :
1- Téléphoner le moins possible et éviter les appels de plus de 5 minutes.
2- Préférer l'envoi de SMS.
3- Ne jamais coller son oreille au téléphone et utiliser systématiquement le haut-parleur ou le kit mains-libres lors des appels,
a fortiori lors de la recherche de connexion (puissance dix ou cent fois plus forte que durant l'appel).

4- Éviter de téléphoner dans de mauvaises conditions de réseau ou lorsqu'on se déplace. Dans une voiture ou les transports en commun, il y a effet de cage de Faraday inversée, c'est-à-dire que les ondes rebondissent à l'intérieur.
5- Désactiver les options inutiles, données, Wi-Fi et Bluetooth.

6- Bloquer son téléphone sur le réseau 2G ou 3G selon ce qu'on supporte le mieux (paramètres, sans fil et réseaux, type de réseau préféré 3G-WCDMA ou UMTS).
7- Ne jamais toucher le téléphone ou le porter sur soi lors de téléchargements de fichiers de données (ou lorsqu'on regarde une vidéo en streaming).

8- Ne pas tenir le téléphone dans la main ou au contact du corps lorsque c'est possible.
9- Durant la nuit, éteindre le téléphone ou l'éloigner des personnes.
10- Ne pas exposer autrui, en particulier les enfants, les femmes enceintes et les malades. Se placer à plus de 2 mètres des autres lorsqu'on téléphone.
11- Conseiller aux enfants de moins de 16 ans la plus grande sobriété dans l'usage de tous les objets connectés (téléphones, tablettes, ordinateurs). Le téléphone n'est pas un jouet, ni un écran de télévision.
12- Interdire l'usage régulier du téléphone avant 12 ans.

Publié dans épidémiologie

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