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Publié par François de Terreneuve


Tous les êtres vivants sont électrosensibles mais tous ne sont pas pour autant électrohypersensibles. Tout un chacun peut souffrir un jour de la pollution électromagnétique mais n'en sera pas pour autant durablement intolérant.

Quelques explications techniques à partir d'un exemple pour introduire le problème :
Toute personne normale devrait être un peu stressée lorsqu'elle prend le TGV du fait de la pollution due à la caténaire sous tension de 25000 volts. Heureusement que la rame où les voyageurs sont installés est une cage de Faraday, sinon il faudrait se tenir à plus de trois mètres de distance pour des raisons de sécurité.

Mais le problème du stress d'origine électromagnétique vient essentiellement des voyageurs eux-mêmes, de leurs smartphones et des objets connectés (ordinateurs et tablettes), qui eux, irradient à l'intérieur de la cage de Faraday où les ondes sont emprisonnées et rebondissent presque à l'infini. Comme le train se déplace, les appareils fonctionnent à pleine puissance pour attraper le réseau (avec des changements de relais environ toutes les trente secondes).

Une personne normale, si elle dort à proximité d'une installation électrique fortement irradiante, doit normalement développer à moyen terme un syndrome d'intolérance aux champs électromagnétique (SICEM). En revanche, si les symptômes diminuent dès qu'elle s'éloigne de cette installation électrique pour dormir, cette personne ne doit pas pour autant s'imaginer qu'elle est devenue électrohypersensible, c'est-à-dire durablement "allergique" aux champs électromagnétiques.

Entre une personne normalement électrosensible et une personne électrohypersensible (EHS), la différence est nette, il n'y a pas de processus de désocialisation, il n'y a pas de rupture globale, pas d'errance médicale, professionnelle, sociale.

Selon les médecins les plus engagés pour tenter de trouver un traitement pour ces malades électrohypersensibles ou EHS, il n'y a pas encore de solution, si ce n'est une mise à l'écart radicale de la plupart des sources de champs électromagnétiques artificiels, même de très faibles niveaux.

Bien sûr les traitements à base d'antihistaminiques permettent de contenir les crises, les anti-inflammatoires aident à supporter les douleurs. Il y a une possible rémission des symptômes pour ceux qui souffrent d'un SICEM temporaire. Mais pour les personnes durablement EHS, la diminution des symptômes passe généralement par une remise en question radicale du mode de vie, le changement des habitudes dans l'usage des technologies émissives, l'aménagement de solutions de protection du logement, une réorientation professionnelle lorsqu'elle est possible, un déménagement en zones faiblement exposées.

Combien de personnes qui croient sincèrement être électrohypersensibles ne sont en réalité que des personnes normalement sensibles?
A contrario, de nombreuses personnes sont aujourd'hui EHS sans le savoir parce que la pathologie n'est pas pleinement reconnue.
Or, leurs symptômes ne pourront que s'aggraver si une réponse adaptée ne leur est pas proposée.

Avec l'augmentation de l'electrosmog, augmentent proportionnellement les souffrances dues au stress électromagnétique : x 300 entre 2006 et 2016...

Pour que les droit des EHS, comme handicapés, d'accéder aux lieux de soins, à tous les lieux publics, à une existence la plus normale possible soit entendus et reconnus, il est important que la confusion entre électrosensibilité et électrohypersensibilité soit écartée. Ceux qui ne sont pas (encore) atteints de cette pathologie grave et extrêmement invalidante, on peut le comprendre, ont du mal à se faire à l'idée que d'autres souffrent vraiment des émissions de leurs téléphones, des modems en WiFi ou des antennes-relais. C'est pourtant un syndrome qui cause des douleurs tout à fait physiques que nul ne peut imaginer s'il ne les a pas réellement vécues.

Une pathologie, ou un syndrome, dont les critères diagnostiques ne sont pas suffisamment spécifiques sur le plan biologique. Que vaut une étude des marqueurs de stress lorsque les personnes qui se croient malades font les analyses à Paris après avoir traversé la France en TGV, irradiées par les utilisateurs inconscients des rayonnements émis par leurs smartphones ou autres objets connectés (tablettes, ordinateurs portables)?

Les EHS les plus atteints ne peuvent même plus monter dans un train, ni s'approcher d'une gare, ni même parfois suivre une route parsemée d'antennes-relais.

Cette analyse suggère qu'il faut tenir compte du critère sociologique dans le diagnostic: la désocialisation brutale, la perte de tout! Une expérience d'une violence inouïe et d'une soudaineté extrême.

Si nous voulons espérer réussir la révolution numérique, nous devons mieux maîtriser les technologies émissives, être plus prudents et plus sobres dans nos usages.

Mais cette révolution pourrait aussi bien se terminer sans nous...

Le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles (et de tous les pollinisateurs) aurait un lien avec l'augmentation exponentielle de notre exposition aux ondes!!! En effet, les insectes sont désorientés par les champs électromagnétiques... Ils se fatiguent plus et la ruche s'épuise. Or, nos chères abeilles, championnes pollinisatrices de nos cultures, ont déjà bien d'autres périls à affronter: pesticides, frelons et autres.

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