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Publié par Vincent Vigne

Smartphones et hyper-connexion, un crime contre l'humanité ? Tant que cela ne me concerne pas...

Il y a de multiples chefs d'inculpation à invoquer contre les smartphones. Leur fabrication est très polluante et contribue à financer l'armement de milices. Ils irradient les corps et les esprits, nous stérilisent et nous rendent moins aptes à opérer les bons choix en annihilant notre esprit critique le propre de l'être humain – dans un contexte de bombardement informationnel.

Les smartphones produisent une illusion de liberté et d'accès à la connaissance. Alors que jamais dans l'histoire de l'humanité les destins des différents peuples n'ont été autant interconnectés, alors que jamais auparavant notre avenir n'a été autant menacé, nous voilà réduits à nous comporter comme une société de fourmis folles, où chaque individu croit pouvoir agir comme bon lui semble sans tenir compte des autres.

 


Combien de personnes réellement hypersensibles ignorent que le smartphone ou d'autres sources de pollution électromagnétique sont en cause dans certains symptômes, faute d'une information claire de la part des instances officielles de santé?
La pollution électromagnétique s'ajoute désormais à la pollution chimique qui se renforcent l'une l'autre (effet cocktail). La dégradation de l'environnement à laquelle nous contribuons tous doit être considérée comme un crime contre l'humanité
dont le ferment est notre soif de consommer toujours plus sans tenir compte du fait que toutes les ressources ne sont pas renouvelables et illimitées.

Au moins autant que le danger de notre hyper exposition aux ondes, ce qui devrait heurter notre sensibilité est que la citoyenneté en soit réduite à défendre son pré carré, non à mener des actions collectives qui concernent tout le monde. Les électrohypersensibles (EHS) doivent se battre pour que leur accessibilité progresse et qu'ils puissent espérer un jour faire leurs courses, se faire soigner, prendre un transport en commun, profiter de la vie comme tout le monde. Mais ils ne le font pas pour eux seuls, ni même pour les EHS en général. Ils le font pour tout le monde, en tant que donneurs d'alerte, en tant que sentinelles environnementales. In fine, ils doivent lutter, lorsque leur état de santé le permet, pour le bien-être de tous. Si les EHS sont devenus "allergiques" aux ondes, c'est qu'il y a un problème de sur-exposition qui concernera à plus ou moins long terme tout le monde.
Ils sont simplement l'avant-garde des malades.

 

La plupart des informations qui circulent au sein du réseau des électrosensibles et de leurs défenseurs depuis 2015 concernent presque toutes l'installation en cours du compteur "intelligent" d'ERDF devenu Enedis, le système Linky. Vidéos chocs à l'appui. Des petits malins ont d'ailleurs exploité le filon en postant sur Youtube un canular des plus vicieux qui faisait croire que le nouveau compteur était équipé d'une caméra espion, en fait une simple diode. C'est un des aspects de notre époque où l'information circule tellement vite que personne n'a le temps de vérifier les sources. Le nouveau, l'inconnu favorise les fantasmes...
 

Ce genre de hoax ridiculise ceux qui luttent à raison contre la mise en place réellement discutable de ce compteur qui, en plus d'être émissif, ne sert à rien, si ce n'est probablement à recueillir des données personnelles de consommation pour les revendre et en tirer des bénéfices (sinon pourquoi?).
Refuser le compteur Linky pour le motif qu'il est émissif est toutefois discutable. Certes, le CPL (courant porteur en ligne) est émissif, mais faiblement, relativement aux autres sources de pollution électromagnétique, en particulier la téléphonie mobile. Refuser le Linky individuellement ne changera rien aux émissions et au fait que le courant électrique de nos maisons sera porteur de nouvelles fréquences. Du point de vue du risque radiatif, il faut que l'ensemble des habitants d'un quartier ou d'une commune refuse collectivement l'installation de ces nouveaux compteurs.

 


Quoiqu'il en soit, il existe des solutions assez simples pour contrecarrer "l'électricité sale", un filtre à faire installer par un électricien (150 euros pour les moins chers) et/ou des interrupteurs automatiques de champ qui vont diminuer la pollution électrique dans la maison. Bien sûr les solutions personnelles ne vous protégeront pas des émissions en provenance du voisinage si vous êtes en appartement ou dans une maison mitoyenne. Néanmoins, en comparaison, les solutions pour se protéger d'une antenne-relais ou des appareils connectés du voisinage sont beaucoup plus coûteuses et complexes à mettre en œuvre. Quant à se protéger de la smartphonite ambiante cela relève de l'utopie...
Nous regrettons qu'une mobilisation similaire à celle contre le Linky n'ait pas lieu pour que des zones blanches soient aménagées, pour que des espaces sans ondes, où les smartphones devront être éteints, soient réservés aux personnes sensibles, déjà malades, dans tous les lieux publics, les commerces et les transports.

Peut-on rire d'une maladie comme de la disco ringarde?


Lorsqu'un individu à la peau noire traite un autre de nègre, il y a une bonne blague. Lorsque c'est un blanc qui le fait, c'est douteux. De même, dans cette vidéo postée sur Youtube, lorsque des personnes qui se croient intelligentes se moquent des électrosensibles qui se baladent avec des tenues d'apiculteur, d'autres postent des images trop drôles où on voit des comiques sans grande envergure se couvrir de feuilles d'aluminium. Lorsque cet humoriste est un serviteur de la République qui ironise sur les experts auto-proclamés, en concluant que ces militants affabulateurs seront les premiers à réclamer des nanoparticules, je reste moi aussi sans voix.

Mais si les États s'emparaient du problème des rayonnements électromagnétiques dans notre environnement, établissaient des statistiques, informaient les populations, encadraient mieux les usages, les malades et leurs proches ne seraient pas forcés de devenir experts, non auto-proclamés, mais autodidactes. L'excès informationnel ambiant, via les médias et Internet, entraîne paradoxalement un vide informationnel, une absence de sens, une difficulté croissante pour les individus de faire des choix, de discerner entre les priorités. Ceux qui sont sensibles sont bien obligés, non de spéculer sur d'hypothétiques risques, mais d'affronter une réalité bien présente.
 


Nous ne sommes pas des machines mais des êtres de chair, plus proche des souris blanches de laboratoire que d'un smartphone. La moyenne dépasse trois heures d'utilisation des smartphones par jour. Nous ignorons à quoi nous nous exposons alors que les risques radiatifs sont basés sur un test pseudo-scientifique calculé sur six minutes, le DAS. En réalité le champ électromagnétique rayonné par un smartphone sur le cerveau de l'utilisateur est susceptible de dépasser la norme imposée aux antennes-relais. Le kit mains libres est fortement conseillé sur les notices d'utilisation et préconisé par les institutions officielles les plus indiscutablement sérieuses, comme les Ministères de la Santé ou de l'Environnement.

 


Nous assistons aujourd'hui à une "smartphonisation" de nos habitudes...
On ne sait plus manger au restaurant entre amis sans lui, on ne sait plus converser sans qu'il nous interrompe à la manière d'un enfant un peu dissipé, on ne sait plus conduire une voiture, un vélo, marcher dans la rue, la traverser, sans avoir les yeux rivés sur son écran ou les oreilles bouchées par ses écouteurs. Il est devenu nos yeux et nos oreilles, il est devenu notre canal principal pour percevoir et appréhender le monde.
Le smartphone apparaît comme l'exact contraire du téléphone. Alors que son ancêtre servait à relier les personnes malgré la distance, lui sert à aggraver l'isolement des individus malgré la proximité !

Je me sens ennuyeuse. Ennuyeuse parce que mon papa répond à tous les textos, tous les appels, tout le temps...

slate.fr

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