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Publié par JF

Lundi 13 juin 2016, 10H00 du matin. Un malaise ressemblant à un infarctus me couche dans le jardin. Oppression thoracique, asthme, paralysie du bras gauche et coup de poignard au centre de la poitrine. Je compte une absence de deux battements du cœur, puis il repart, un peu arythmique mais têtu. Au cas où ma dernière heure serait venue, je profite du soleil, du vent, de la terre de cette belle matinée de fin de printemps.

J'ai soif et parviens à me traîner pour boire. Puis je réussis à téléphoner à mes proches. En début d'après-midi, ils prennent la décision de m'emmener aux urgences contre ma volonté. Si je devais partir, je préférerais que ce soit depuis mon jardin que dans un lieu inhumain (dont j'ai déjà fait la triste expérience en 2012)...

Dans la salle d'attente, j'explique aux personnes présentes mon hypersensibilité et le risque que mon malaise s'aggrave à cause des smartphones. Avant que je sois pris en charge une dispute éclate avec un jeune homme qui, sachant que je suis intolérant aux ondes, et alors que la plupart des personnes présentes ont gentiment éteint leurs téléphones, décide de dégainer son smartphone juste à côté de moi. Il envoie la 4G histoire de tuer le temps sur Internet. Je lui dis que je me suis assis exprès au fond de la salle, le plus loin possible des DECT (téléphones sans fil) du secrétariat. Ce jeune dit qu'il n'en a rien à foutre. L'agent de sécurité doit intervenir pour l'éloigner.

Une trentaine de personnes sont présentes, dont trois se mettent elles-aussi à dégainer leurs appareils pour que tout le monde soient au courant de leur vie, ce qui est du plus grand intérêt pour tous ceux qui sont là pour des raisons médicales. Je suis forcé de sortir et d'aller attendre dehors, caché derrière un arbre, car les radios des pompiers et du SAMU, ainsi que les émetteurs de sécurité crachent à plein régime. Je me déchausse pour être le plus possible connecté électriquement à la terre. Je respire calmement et parviens tant bien que mal à maîtriser la douleur qui me déchire la poitrine.

Quand on m'appelle enfin pour les examens, je suis pris en charge par une aide-soignante et un brancardier. Comme l'ECG (électrocardiogramme) ne montre pas d'anomalie, ils se moquent de moi et disent avoir entendu ma demande ridicule d'éteindre les téléphones en salle d'attente. Ils se permettent même de faire un diagnostic de mon état en me disant qu'il y a une grande différence entre un malaise cardiaque et un malaise vagal, qu'ils sont pressés et ont des cas plus sérieux à prendre en charge.

Le fait que nos hôpitaux soient irradiés génère un stress supplémentaire pour les patients comme pour les professionnels...

Le brancardier, Monsieur Laurent M. qui est décidément un homme très drôle sort son smartphone personnel de sa poche revolver et s'amuse à l'approcher de mon appareil de mesure. « Oh, c'était à 3000, maintenant c'est à 6000 !!! [microwatts par mètre carré] ».

Quand on me conduit en queue de file d'attente, je compte qu'il doit y avoir une trentaine de brancards avant moi et au bout d'une demi-heure, un seul patient est entré dans une des salles de prise en charge. Je calcule que j'en ai pour très longtemps avant de poursuivre les examens, au mieux dix, au pire vingt-quatre heures. Je suis choqué de la façon dont les patients en état de choc sont traités par les personnels hospitaliers, certains comme s'ils étaient des débiles.

Je me lève, détache les capteurs collés sur ma poitrine, enlève la chemise qu'on m'a donné et dis au duo d’humoristes que je préfère partir, me reposer chez moi et aller dans un autre hôpital. Ils me répondent que si je pars, je ne pourrais plus revenir.

Ne vous inquiétez pas, j'irais directement à la morgue. Vous ne m'aurez pas vivant !

La nuit qui suit, je suis surveillé par mon épouse très inquiète. La douleur qui brûle la poitrine va et vient. A 6H00 du matin, un proche m'accompagne aux urgences d'une clinique privée à taille humaine et je suis très bien pris en charge (par l'équipe de nuit qui n'a pas encore été relevée et en sous-effectif de surcroît). Le niveau de pollution est acceptable parce que les installations sont essentiellement filaires et que le Wi-Fi est réglé au plus juste, mais surtout parce qu'il n'y a presque personne en salle d'attente. Dans la matinée, tous les examens ont été effectués et le cardiologue a réussi à me recevoir entre deux patients. Le docteur me demande de revenir le surlendemain pour un test d'effort.

L'ensemble des examens montrent que mon cœur va très bien et que je suis en parfaite santé. « Malaise atypique » conclura le cardiologue.

Entre nous, il fera le lien avec mon syndrome d'intolérance aux ondes, car il ne voit aucune autre explication. Il me confesse que lui même et son épouse ne supportent pas les portables dont ils ne se servent que dans le cadre de leur travail car ils ne peuvent faire autrement.

(Il m'explique se rendre à la clinique en vélo alors qu'il vit à plus de 15 km, qu'il n'a jamais fumé, ni touché une goutte d'alcool. Son seul problème sont les automobilistes pressés qui menacent chaque jour de le renverser et qui accélèrent en le doublant comme pour lui injecter leurs échappements colériques. Quelle plaie ces vélos! Il faut les comprendre, ils ont souvent les mains et le cerveau pris par leurs smartphones!!!)

Epilogue :
Deux mois plus tard, médicalement et objectivement, je suis en bonne santé malgré le risque dû au stress électromagnétique.

J'ai écrit une plainte au directeur de l'hôpital qui me fera deux réponses. Dans la seconde à la mi-septembre, je peux lire que mon affaire est prise au sérieux, que les personnels concernés ont été audités, que l'hôpital fait des efforts pour réduire au maximum l'usage des transmissions sans fil, et qu'il y a même en cours l'aménagement de trois chambres préservées des ondes.

Les responsables sont donc informés.

Les smartphones et toutes les technologies sans fil irradiantes sont devenus tellement indispensables! Je ne parle pas seulement des Pokémons...

Ce témoignage sur un petit blog ne fait pas le poids.

J'ai l'impression que plus ces outils à dé-penser sont actifs, moins les personnes semblent réfléchir par elles-mêmes.

Heureusement, bien d'autres êtres vivants peuplent encore notre belle terre...

Les handicapés ont-ils des droits? Sont-ils à considérer comme des personnes humaines?

En général, les malades sont-ils des êtres humains ou doivent-ils être considérés comme des flux?

Références scientifiques :

Rapports BioInitiative 2007 et 2012
Dr Jean Pilette : Antennes de téléphonies mobiles, technologies sans fil et santé, 2008
Freiburger Appeal de médecins et chercheurs allemands, 2002

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