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Publié par François de Terreneuve


Les rayonnements électromagnétiques artificiels sont (presque) partout. Ils rebondissent dans tous les sens à la vitesse de la lumière et il est parfois compliqué de leur barrer le passage. Pour se protéger des ondes, on va se servir des propriétés réfléchissantes, conductrices ou absorbantes de certains matériaux, en particulier des métaux.

Les personnes sensibles sont invitées à imprimer l'article ci-dessous (4 pages) :

1- Les tenues de protection
Attention, ces tenues métalliques peuvent produire l'effet contraire de celui escompté car les ondes qui y entrent ont tendance à y être piégées, ce qui augmente leur effet. Le métal attire les ondes, fait antenne. Les techniciens qui interviennent sur des antennes-relais actives doivent porter une lourde combinaison intégrale qui ne laisse presque rien passer.

Mieux vaut éviter les bonnets qui accentuent l'effet parabole de la boite crânienne. Quand on souffre de symptômes cardio-respiratoires, un T-shirt manche longue peut atténuer les effets des ondes. Certains électrohypersensibles doivent sortir avec un voile anti-ondes qui recouvre tout leur corps. Là aussi il faut être prudent lorsqu'on s'approche de champs électriques de haute puissance et savoir que tout ce qui rebondit par le sol va demeurer plus longtemps à l'intérieur du voile et être largement absorbé par le corps. Les tenues de protection sont à tester avec précaution et peuvent être efficaces dans certaines situations mais ne doivent pas être portées systématiquement.


2- Le baldaquin anti-onde
Installer son lit dans une cage de Faraday est une solution efficace. Des voiles anti-ondes tendus sur un baldaquin et des tissus posés au sol sous le lit peuvent permettre de retrouver un sommeil réparateur lorsqu'on est particulièrement exposé. Attention, la cage doit être parfaitement étanche et aucun dispositif susceptible d'émettre des rayonnements ne doit y entrer. Ne jamais installer de baldaquin sans tissus au sol!

Il faut savoir que les tissus métalliques anti-ondes ont tendance à s'oxyder et qu'il faut les changer environ tous les cinq ans. De plus ces tissus et voiles sont assez fragiles (le chat, les enfants). Les solutions proposées dans le commerce coûtent pour les moins chères environ 1500 euros. Les bricoleurs peuvent fabriquer une cage avec du grillage métallique à moustiquaire pour beaucoup moins cher mais aussi généralement moins efficace. Dans une cage de Faraday parfaite le portable ne devrait plus passer.

3- Le blindage de la maison
La solution du baldaquin n'est pas toujours satisfaisante lorsqu'on est hypersensible et qu'on ne se résout pas à vivre dans un espace confiné de 4 m². Mais c'est là que les choses se compliquent. Il existe des peintures ou des tissus qu'on peut poser comme une tapisserie, des voiles pour les fenêtres. On peut, en première intention, faire un test en tendant des couvertures de survie avec le côté argenté (le miroir) vers l'extérieur ou la source d'émission, avant de passer aux tissus ultra-performants à 20 ou 50 euros du mètre carré. Attention, plus on protège son domicile, plus les appareils émetteurs dont on se sert deviennent émissifs.

D'abord, il faut se concentrer sur les chambres. Dans certains cas, un blindage partiel peut s'avérer suffisant. On pose la peinture ou les tissus du côté où les ondes entrent et on laisse ouvert au moins un côté pour permettre aux ondes de s'échapper. Cette solution peut être progressive. On commence par un mur, puis un autre. Un blindage partiel peut être mis en place lorsqu'on est victime d'une installation chez un voisin ou d'une antenne-relais. Mais lorsqu'on habite en ville, a fortori dans un appartement, les émissions peuvent passer par tous les côtés. Dans ce cas, il faudrait fermer tous les murs, les huisseries, les sols et les plafonds, ce qui est coûteux.

À ce stade il peut être nécessaire d'investir dans un appareil de mesure des champs électromagnétiques. Ces travaux de blindages peuvent s'avérer difficiles à mettre en œuvre car une moindre entrée de quelques centimètres laissera passer une partie des champs électromagnétiques. Néanmoins, même avec une solution imparfaite, la pollution électromagnétique devrait être atténuée.

Si on ne constate pas d'amélioration du sommeil, ou pas de réduction en terme de stress sur une période d'une semaine, et qu'on souffre d'une intolérance avérée aux champs électromagnétiques, alors on peut toujours essayer de renforcer les dispositifs de protection, se concentrer sur les entrées possibles, repasser une couche de peinture anti-ondes, doubler les tissus, associer peinture et tissus, choisir des matières plus performantes en matière d'atténuation.

Lorsqu'on est hypersensible, un appartement en ville peut devenir invivable et l'idéal serait de déménager dans une maison de plain-pied sans voisins à moins de vingt mètres et éloignée d'au moins 1 km à 2 km des antennes-relais (voir site Cartoradio pour la France). Si on ne peut pas vivre dans une maison isolée, le choix d'un logement en rez-de-chaussée est à privilégier. Il faut savoir que plus on est près du sol, moins il y a de pollution électromagnétique. La présence d'arbres cachant une antenne-relais est aussi efficace.


4- Vivre sous terre
Plus on descend sous le niveau du sol, moins les ondes passent. D'abord parce que les émetteurs rayonnent à l'horizontal, ensuite parce que la terre et tous les matériaux denses absorbent les rayonnements. Une solution peut être d'aménager un sous-sol si on en a un. On sait que l'endroit est parfaitement sain du point de vue électromagnétique lorsque le téléphone portable ne passe plus (dans aucuns réseaux 2G, 3G, 4G et Wi-Fi).

En cas de crise, immergez-vous dans l'eau qui fait barrage aux ondes!

5- S'offrir un appareil de mesure
L'intensité des champs électromagnétique est très variable d'un endroit à l'autre. Parfois quelques mètres d'écart font une grande différence. Les personnes hypersensibles sont forcées d'apprendre à se déplacer de manière à éviter de passer dans le faisceau principal d'une antenne-relais. De même, il leur faut s'éloigner systématiquement de quelques mètres des personnes qui téléphonent ou pianotent sur Internet avec leur smartphone, des bases de téléphones sans fil et des modems en Wi-Fi.

Avec un appareil de mesure, ces stratégies d'évitement sont plus simples à mettre en œuvre car les dispositifs émetteurs ne sont pas toujours visibles, ce qui ne les rend qu'à peine moins efficaces pour vous nuire (si on voit une grosse antenne et qu'on est sensible il ne faut pas négliger le facteur émotionnel). La mode est à l'intégration paysagère des antennes-relais qui deviennent faux sapins (faciles à repérer) ou fausses cheminées (plus difficile, si ce n'est qu'aucune fumée n'en sort jamais).

Il faut compter 100 à 1000 euros pour un appareil grand public fiable. Les valeurs de champs exprimées sont généralement approximatives mais suffisent avec un peu de pratique à mesurer rapidement la qualité d'un environnement et à déterminer s'il est sain ou non en fonction de son degré de sensibilité. Il existe également une application "Electrosmart" à télécharger gratuitement sur un smartphone qui est intéressante pour aider les utilisateurs non hypersensibles à adopter des habitudes moins risquées.

Il est cependant important de savoir que les symptômes ne dépendent pas seulement de la valeur des champs électromagnétiques mais aussi de leur nature. On peut par exemple être très sensible au Wi-Fi à de faibles niveaux et moins à un portable en 2G pourtant plus émissif (mais dont le rayonnement est cependant ponctuel). Certains appareils sont dotés d'une fonction sonore qui permet une interprétation plus aisée que les chiffres abstraits inscrits sur l'écran car chaque type d'émission produit un "son" qui lui est propre.

Généralement, les hypersensibles souffrent plus à cause des hautes fréquences qu'à cause des basses fréquences (courant électrique surtout) mais certains appareils peuvent mesurer tous les types de fréquences. Dans les hautes fréquences, les plus gênantes, il faut de préférence choisir un analyseur de champs capable de mesurer de 300 MHz à 6 GHz et veiller à ce que l'antenne (ou la sonde) couvre bien ce large spectre.

Mais ce spectre sera bientôt beaucoup plus étendu avec la diffusion prochaine (dès 2020?) de la 5G. Le coût des appareils de mesure qui pourront la capter dépassera les 1500 euros (jusqu'à 10 GHz) et beaucoup plus avec l'évolution prévue jusqu'à 26 GHz.

6- Les fausses bonnes solutions
Vous trouverez sur Internet ou dans votre boutique bio des tas de patchs, pierres, plantes et autres dispositifs anti-ondes vendus quelques dizaines d'euros. Ces choses sont sensées absorber, "déphaser" les ondes ou même émettre des "contre-ondes". Si ces produits se vendent bien c'est qu'ils sont probablement efficaces pour atténuer les inquiétudes de certains. Si cela fonctionne dans votre cas alors tant mieux!

Attention : tout dispositif qui empêche le bon fonctionnement d'un appareil émetteur (type pochette anti-ondes) va obliger l'appareil à compenser la perte de signal en émettant plus fort. Il y a donc des fausses bonnes solutions qui sont inutiles, d'autres qui rendent vos appareils plus émissifs, donc plus dangereux, en particulier si vous êtes sensible (voir un avis scientifique).


7- Réduire les émissions du téléphone portable
La plupart des notices d'utilisation des téléphones mobiles précisent qu'il est préférable de se servir d'un kit mains-libres, ou du haut-parleur pour éloigner l'appareil du cerveau. Il existe des kits mains-libres "anti-ondes" où le son est conduit dans un tube d'air. Il n'y a donc plus de risque que le fil électrique arrive jusqu'aux oreilles et conduise une partie des émissions. Il est conseillé de poser le téléphone sur une table le plus loin possible et préférer les appels courts de moins de cinq minutes.

Il m'est arrivé de conseiller une autre idée toute simple à des personnes sensibles, mais forcées dans leur travail de porter un téléphone en permanence dans la poche. Il suffit d'utiliser un morceau de couverture de survie avec le coté argenté (le miroir) contre le dos du téléphone du côté du corps en veillant à ce que le téléphone demeure libre côté extérieur (on peut mettre plusieurs couches). Les couvertures de survie contiennent souvent des particules métalliques mais demeurent généralement faiblement conductrices donc en principe sans danger (surtout pour l'appareil). Mais ce dispositif ne réduit votre exposition que lorsque le téléphone reçoit des données, pas lors des appels. Là, le mieux est de toujours se servir du haut-parleur ou du kit mains-libres (tel que préconisé sur les notices). On peut encore réduire de plus de 99% le rayonnement du téléphone lors des appels en fabriquant une Safebox.

Quoiqu'il en soit, la meilleure solution est toujours la sobriété dans les usages et le ressourcement régulier dans des lieux naturels préservés. Pour les personnes très sensibles, l'idéal est d'habiter et de travailler en zones blanches (pas de rayonnements artificiels) ou grises (peu de rayonnements artificiels).

Pour tout le monde, le bon reflex est au moins d'éteindre tous les téléphones la nuit, de même que le Wi-Fi. Si le smartphone sert de réveil, il faut le basculer en mode avion.

Références scientifiques : emf-portal.org

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