Combien y a-t-il de personnes électrohypersensibles ?

Publié le par F. de Terreneuve

Et combien de personnes souffrent d'intolérance aux champs électromagnétiques ?

C'est une double question importante pour que le problème soit pris au sérieux, si on veut prévenir les risques, atténuer les effets de la pathologie et espérer un jour que des zones blanches seront garanties pour les personnes atteintes et leur famille.
La première réponse, la seule honnête, est : « on n'en sait rien ! »

Le propos n'est pas ici de répondre mais d'inviter la communauté à réagir si certains ont des références d'études statistiques et épidémiologiques récentes. Nous nous contenterons donc de défricher le terrain.

Il y a dix ans déjà, selon diverses sources compilées par les docteurs G. Oberfeld et O. Halber en 2004 en Angleterre, en Irlande, en Autriche, en Allemagne, en Suisse, en Suède et aux États-Unis, le taux de personnes électrohypersensibles (EHS) atteignait 10%. Selon une extrapolation des statistiques, nous devrions être aujourd'hui entre 25% et 50 % à être intolérants aux champs électromagnétiques. Force est de reconnaître qu'il n'en est rien, à moins que la grande majorité des personnes souffrant à cause des ondes ne le sachent pas et soient forcées de prendre des médicaments qui peuvent atténuer les symptômes mais ne les guériront jamais. Ou peut-être que cela explique pourquoi il y a tant de gens qui font du sport ou vont se promener à la campagne et surtout à la montagne…
Plus sérieusement, ces statistiques ne sont qu'un indice à considérer, non une mesure réelle d'une véritable pandémie. Car on parlait alors d'électrosensibilité, non d'électrohypersensiblité. On ne parlait pas non plus encore du syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM), qu'il faut distinguer de l'électrohypersensibilité (EHS). Le SICEM peut toucher presque tout le monde si vous êtes soumis à des champs trop élevés. L'EHS est une hypersensibilité qui concerne une minorité de personnes beaucoup plus sensibles que la moyenne. Quant à l'électrosensibilité sans le « hyper », elle est une réalité biologique inhérente à tous les êtres vivants. 100 % des personnes sont électrosensibles.

Surtout en 2004, l'intensité des champs électromagnétiques auxquels nous étions soumis était bien moindre.

En France, il n'y a aucune statistique. Donc il n'y a pas de problème. Nous avons la chance pourtant d'avoir le professeur Belpomme et son équipe qui sont en pointe pour diagnostiquer la pathologie, parfois pour la traiter, au moins en réduire les symptômes. Faut-il encore ne pas être trop atteint pour pouvoir se rendre à Paris si on habite loin (surtout pas en TGV!). Le professeur estime que le nombre de personnes touchées serait inclus dans une fourchette assez imprécise de 1 et 10 % de la population. Dans tous les cas, c'est considérable !!!
Environ 1500 patients sont passés par la consultation du Professeur Belpomme qui sont majoritairement français. Environ 10 % d'entre eux n'ont pas été diagnostiqués comme souffrant d'un SICEM. Il reste plus de 1000 patients atteints d'un SICEM avéré grâce à des preuves biologiques et physiques. L'association Une Terre pour les EHS propose un auto-recensement qui en est à 1460, soit entre 2 et 3
personnes sur 100.000. C'est à peu près le même nombre que les personnes ayant consulté le Pr. Belpomme. Attention, EHS dans un cas et SICEM dans l'autre sont à distinguer.
L'association Robin des toits estime que 4% de la population est EHS reconnu, 10% si on ajoute ceux qui l'ignorent. On constate que les véritables statistiques sont très loin des estimations globales dont on ne sait pas du tout comment elles ont été inventées.
Une chose semble évidente, tous les EHS ne sont pas connus et surtout la plupart ignorent eux-mêmes leur hypersensibilité. C'est la même chose pour ceux qui souffrent ou ont souffert d'un SICEM.

Personnellement, j'ai tendance à penser qu'on est actuellement en deçà de 1 % pour ce qui est des EHS, et très probablement au-delà de 10 % pour ceux qui ont un jour souffert d'un SICEM, généralement sans l'avoir su.

En France, il y a probablement plusieurs  dizaines de milliers de personnes EHS et plusieurs centaines de milliers de personnes qui ont souffert ou souffrent d'un SICEM. On est à peu près sûr que plusieurs dizaines ou centaines de milliers de Français sont victimes des ondes, dont peut-être 10 % le savent puisque les médecins ne sont pas sensibilisés au problème. Malheureusement, pour la majorité, si le problème n'est pas détecté à temps, ce sera le risque de développer le stade ultime de la pathologie, considéré comme irréversible, avec des dégâts neurologiques et organiques (voir l'excellent site EHS & MCS). Est-ce suffisant pour que le problème soit pris en compte ?

Cela représente tout de même au moins une personne sur mille EHS et sûrement plus d'une sur dix victime d'un SICEM temporaire ou permanent au cours de son existence, une estimation qu'on peut étendre à tous les pays développés.

Les EHS le savent, la plupart des gens ne prennent pas leur pathologie et leur handicap au sérieux, surtout les personnels soignants et les acteurs des MDPH, ce qui est quand même très préoccupant. Quant aux politiques, à quelques exceptions près, ils s'en moquent éperdument. Il n'y a qu'à voir le score honteux du PS associé aux Verts lors de la dernière élection présidentielle. Benoît Hamon était le seul à avoir abordé le problème dans sa campagne lorsqu'il a parlé de « laisse numérique », bien loin néanmoins de reconnaître le problème des effets biologiques. Et même Michèle Rivasi, eurodéputée, semble bien isolée dans son combat au sein de son propre parti écologiste. Il faut dire qu'il y a tant de motifs d'être inquiet pour l'avenir de l'humanité et de notre planète…
 

L'Organisation Mondiale de la Santé a classé les ondes électromagnétiques en cancérigène possible, ce qui est une position de compromis "prudente" mais qui ne tient pas compte de la réalité des nombreuses études scientifiques qui démontrent que les effets cancérigènes sont certains.
Signer la pétition internationale adressée à l'OMS! Pour plus d'informations et de contrôle sur les émissions de champs électromagnétiques.
Il y a deux pétitions, une en Français, l'autre en anglais.
Références scientifiques :
Rapports BioInitiative 2007 et 2012
Dr Jean Pilette : Antennes de téléphonies mobiles, technologies sans fil et santé, 2008

Publié dans santé, épidémiologie

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