Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Jérémie

Recréant sans cesse la rareté pour recréer l'inégalité et la hiérarchie, la société engendre plus de besoins insatisfaits qu'elle n'en comble, le taux de croissance de la frustration excède largement celui de la production.

D'après Ivan Illich, cité par André Gorz (1974)

Peut-on mieux répartir les richesses et remettre l'environnement au centre de nos politiques économiques ?

Une gestion collective des biens communs peut-elle enfin s'imposer contre l'appropriation par une petite minorité de la Terre et de ses ressources ?

 


L'essentiel semble aujourd'hui de réfléchir en termes de besoins fondamentaux (se nourrir, se vêtir, se loger, être soigné, être en sécurité, avoir accès à une vie sociale, pouvoir se cultiver) plutôt qu'en terme de maximisation des profits. Chaque individu veut pouvoir être sur-équipé et ne pas dépendre des autres.
 

Sommes-nous plus heureux et plus libres depuis que chacun est pucé avec un smartphone ou depuis que nous n'avons plus besoin de faire l'effort d'apprécier nos voisins? La solidarité répond à une nécessité avant d'être une règle éthique.
 


L'équité n'est pas l'égalité. Il y aura toujours des personnes plus riches que d'autres. Mais n'est-il pas possible d'établir des limites?
 

20 % des personnes les plus riches possèdent 95 % des richesses produites, ce qui implique inversement que 80 % de la population mondiale doit se partager 5 % des richesses. 1 % des plus riches possèdent la moitié des richesses mondiales. Or, il est évident que les plus riches sont aussi les plus gros pollueurs en même temps qu'ils externalisent la pollution dans les pays pauvres...

 

Le seul moyen de sortir de ce cercle vicieux est d'adopter la sobriété heureuse. L'affranchissement par la consommation et la possession de biens matériels est une illusion de progrès car elle se réalise dans une aliénation de notre être social, c'est-à-dire dans la destruction de notre essence même d'animal politique.
 


Le bonheur n'est pas comme un gâteau qui se divise et dont notre part diminue lorsque qu'on le partage, au contraire. Savoir que nos voisins, les autres, même ceux qui vivent loin, satisfont leurs besoins fondamentaux est source de joie. Si alors, celui qui a la chance de posséder l'essentiel se morfond, c'est son problème. Lui seul peut réagir et décider que le bonheur est déjà là.

 

Dans notre quête du bonheur nous sommes peut-être égaux, que nous ayons ou non le choix de prendre l'avion ou de rouler dans un gros 4x4. Que nous soyons riches ou pauvres, parmi les riches ou parmi les pauvres. Les voyageurs du Sud peuvent voir les mines tristes des nantis du Nord loin du mythe construit par les mises en scène menteuses. Les voyageurs du Nord peuvent entendre le chant joyeux du cultivateur pauvre et fier qui trime sous le soleil accablant, armé de sa seule houe et de son courage.
 


La sobriété heureuse s'adresse à nous tous. Elle est une injonction que nous seuls pouvons nous adresser à nous même, mais qui peut devenir, par une contagion bénéfique, une danse de joie offerte au monde.

Lire, imprimer l'article intégral revu le 4 juin 2018 (13 pages, 8600 mots)

La sobriété heureuse, un remède contre l'injustice
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :