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Publié par Anna Cohen

Lorsqu’une personne est possédée par son smartphone (et non l’inverse), elle perd son âme, devient un zombie qui ne perçoit la "réalité" qu’à travers un tout petit écran : c’est un smombie. On parle d’outils dotés de l"intelligence" artificielle (première antinomie) qui permettent d’accéder à la "réalité" augmentée (seconde antinomie) pour qualifier la "réalité" virtuelle (troisième antinomie) dans laquelle baigne l’"homo" connecticus (encore une antinomie). L’homme numériquement augmenté est un être biologiquement diminué, il n’est plus humain, sauf peut-être en apparence lorsqu’il dort. Mais lui arrive-t-il d’être éveillé? D’ailleurs le technozombie est-il encore vivant?

Nous pouvons nous demander si la fin du monde n’a pas déjà eu lieu ; quand une société n’a plus de sens commun, de culture commune, et est réduite à une somme d’individus atomisés […] Il suffit de regarder les légions de technozombies marchant l’air hagard.

La Décroissance n°151 juillet-août 2018 « Bien vivre sa fin du monde » pp 2, 3 : « Se savoir mortel pour bien finir » Raoul Anvélaut


Ce n’est ni une météorite, ni un méga-tsunami, ni les bombes atomiques, ni les pandémies qui auront précipité la disparition de l’espèce humaine. Réduits au stade oral du consommateur pulsionnel, les individus sont d’abord empêchés de devenir adultes, ensuite ils cessent de se reproduire, enfin ils échappent à leur nature d’êtres vivants, ne se nourrissent plus que de cochonneries dont la valeur nutritive finit par se calculer en méga-octets et qu’il faut payer en crypto-monnaie...

Un article intéressant de Janet Adamy publié le 6 septembre dans The Wall Street Journal décrypte les tendances de la génération Z née à partir de 1997 qui, encore plus que la génération précédente Y dite des milléniaux (née dès 1980 et avant l'an 2000), a grandi avec des forfaits "millenium" et un smartphone ou une tablette dès le très jeune âge où on est capables d'attraper quelque chose.

Les individus de cette génération Z arrivent actuellement sur le marché du travail. Leur philosophie est pragmatique et matérialiste. Ils veulent gagner de l'argent, beaucoup si possible comme leurs héros des start-up d'Internet. Mais ils ont des difficultés à communiquer en face-à-face donc à se vendre, ce qui peut poser problème. Ils ont d'ailleurs tendance à être plus anxieux et plus dépressifs que les générations précédentes...

Peur de manquer et besoin d'assouvir leurs pulsions rapidement : de parfaits consommateurs en somme, à l'image des modèles offerts par notre monde où il s'agit de se sentir toujours plus "great again" (selon le slogan de campagne de Trump). On ne sera pas étonné d'apprendre dans cet article de Janet Adamy que le smartphone et l'apprentissage de la "communication" via les réseaux sociaux virtuel sont, au moins en partie, en cause.

Et si nous faisions des trous dans la couche de techn'ozone!

L'interdiction s'inscrit au sol pour les smombies mais ce n'est pas toujours efficace !

 

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