Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par électroprévention


Officiellement, en particulier en France, les "ondes" des téléphones, des antennes-relais, des systèmes sans fils, et des installations électriques ne représenteraient pas un danger réel pour l'Homme faute de suffisamment de preuves. La bibliographie du dernier rapport de l'ANSES est très incomplète, voire partiale puisqu'elle omet systématiquement les publications à charge.

En l'état actuel de la science (2019), des centaines d'études expérimentales, épidémiologiques ou des revues concluent qu'il y a une importante augmentation des risques pour la santé humaine en fonction de l'intensité de l'exposition et de son cumul dans le temps (par exemple plus d'un an chez les enfants ou plus de dix ans chez les adultes). Cancers non pas "possibles" (selon l'IARC) mais très probables, atteintes génétiques et neurologiques (notamment Alzheimer, SLA, développement du système nerveux embryonnaire), baisse de la fertilité masculine, troubles cognitifs et comportementaux, stress, douleurs, troubles du sommeil, intolérance aux rayonnements électromagnétiques artificiels. Sur le plan logique, s'il est possible de conclure à des effets biologiques, il est impossible de démontrer l'absence d'effets. De fait, les lobbies et les experts liés à l'industrie sont forcés de dénigrer les résultats scientifiques incompatibles avec la construction d'une opinion "majoritaire".

La plupart des recherches qui démontrent les effets des ondes sont réalisées sur des souris ou des rats, voire des cultures de leurs cellules. Les sceptiques pourraient toujours arguer que ces résultats ne peuvent être étendus à l'espèce humaine. C'est pourquoi, bien qu'elles soient moins nombreuses, nous avons choisi de ne retenir que les études réalisées sur l'homme.

Les recherches sur l'hypersensibilité électromagnétique sont rares, peu élaborées ou non publiées à ce jour. Elles ne représentent que 2% de notre corpus. Si le lien de causalité entre degré d'exposition aux ondes et symptômes décrits par les personnes électrohypersensibles (EHS) n'est pas avéré selon l’État français et l'ANSES, environ la moitié des études citées dans la bibliographie suivante concernent les symptômes qui sont justement ressentis par la plupart des EHS.

Dans le domaine de la santé tout est évidemment lié. Néanmoins pour faciliter la recherche, nous proposons dans cette bibliographie un découpage selon dix rubriques:

- Hypersensibilité aux rayonnements électromagnétiques (EHS)
- Activité cérébrale, troubles cognitifs, psychologiques, du comportement, du sommeil, fatigue

- Douleurs, troubles inflammatoires, neurologiques et hormonaux
- Génotoxicité
- Effets sur le métabolisme cellulaire, stress oxydatif et système immunitaire
- Cancers
- Effets sur le cœur
- Fertilité masculine, reproduction
- Généralités et troubles multiples
- Autre

La téléphonie mobile est aujourd'hui la principale source de pollution électromagnétique dans l'espace public, donc d'effets biologiques potentiels. L'usage très intensif et addictif qui est aujourd'hui fait des smartphones engendre d'autres risques non directement physiologiques, certains connus comme les accidents, d'autres encore peu étudiés mais évidents, la toxicomanie numérique qui génère de l'anxiété, le désinvestissement des relations sociales normales de face à face.

Conduire de vastes enquêtes épidémiologiques peut coûter cher, nécessite que les professionnels de santé (en particulier les médecins généralistes) soient partie prenante, et peut-être surtout, dépend d'une vraie volonté politique, non de simples déclarations d'intention. On peut comprendre que l'industrie très rentable, donc d'autant plus influente, et qui demeure un des principaux bailleurs, n'a aucun intérêt à investir dans de telles études à long terme, d'autant que les conclusions de ces études scientifiques pourraient bien limiter ses bénéfices.

On ne sera guère étonné de constater que les recherches financées par l'industrie reconnaissent rarement les effets biologiques athermiques, à de faibles intensités, des rayonnements électromagnétiques artificiels. Lire par exemple HUSS A., EGGER M., RÖÖSLI M., VAN NIEROP L., « Source of funding in experimental studies of mobile phone use on health: Update of systematic review » (Comptes Rendus Physique, 2010).

Si les gouvernements s'inquiétaient réellement de la santé des populations, les études seraient réalisées avant de construire les installations et de vendre des appareils, et surtout avant que les besoins aient été créés (songeons au tabac).

Les agences d'expertise officielles sont au service des États, de leurs stratégies politiques et économiques. Reconnaître qu'il existe beaucoup d'études sérieuses sur les effets biologiques des rayonnements électromagnétiques est impossible lorsque experts et responsables partent du principe que le boom économique promis par l'intelligence artificielle et l'Internet des objets autonomes est prioritaire sur la santé. Les preuves doivent nécessairement être insuffisantes dans l'état actuel des recherches scientifiques (même si l'état actuel auxquels se réfèrent les décideurs est en réalité ancien).

Un expert français est fier d'expliquer qu'il avait déjà prédit il y a longtemps, avant même le déploiement massif des technologies de communication sans fils, que l'on ne découvrirait jamais aucunes preuves sérieuses des effets biologiques des ondes. René de Sèze, France Culture, 17 novembre 2019 dit avoir écrit en 1999: "Avant 150 ans, on n'aura pas mis en évidence d'effets graves des champs électromagnétiques à ces niveaux là" (37'27''). Comment peut-on se prétendre scientifique lorsqu'on profère de telles assertions? Malheureusement pour nous, la futurologie fonde bien des décisions politiques.

Est-il besoin de le rappeler, les opinions préconçues sont l'obstacle à toute démarche objective et au progrès de la connaissance. La recherche scientifique part du principe qu'on ignore beaucoup plus de choses qu'on en connaît. La science exige de l'humilité et un questionnement permanent des représentations figées de la réalité.

On assiste, impuissants, à une véritable campagne de désinformation orchestrée par les lobbies, les experts, les responsables politiques, amplifiée sans analyse critique par les médias. La construction d'un consensus scientifique tarde pour diverses raisons: prudence des experts face à des résultats scientifiques contradictoires et pour éviter un effet de panique, conflits d'intérêt entre industrie et santé.

Il est temps d'envisager que les rayonnements électromagnétiques non ionisants, invisibles et impalpables, puissent avoir des effets biologiques, non par contact direct mais par induction ou résonance. La croyance dans la dangerosité potentielle des ondes électromagnétiques n'a rien de complotiste. Elle est fondée sur le plan scientifique. C'est le refus d'admettre cela qui est irrationnel. Comment peut-on même concevoir qu'une chose puisse exister sans produire d'effets?

Mais l'Homme est ainsi fait qu'il ne croit que ce qu'il (croit) voir, qu'il ne reconnaît l'existence d'une chose que s'il peut la toucher. La plupart des personnes hypersensibles aux rayonnements des appareils (EHS) ne croyaient pas que les ondes pouvaient être la cause de leurs symptômes avant d'établir des liens systématiques et d'être forcées de se remettre en question.

Si malgré de nombreux obstacles idéologiques et épistémologiques un changement de paradigme est en train de se faire progressivement au sein de la communauté scientifique on est très loin d'une véritable intégration de ces risques nouveaux par les responsables politiques.

La prise de conscience collective des risques pour la santé des rayonnements électromagnétiques artificiels non ionisants tarde beaucoup trop. L'information et les preuves existent mais tout est fait pour que la majorité des consommateurs demeurent dans l'ignorance. Et pendant ce temps de plus en plus de gens tombent malades... Lisez la bibliographie et vous comprendrez que ce propos n'a rien d'exagérément alarmiste. Peut-être serez-vous un peu effrayé mais au moins vous serez mieux informé et à même de forger votre propre opinion.

Les extrêmement basses fréquences, les lignes électriques ou certaines ondes à haute fréquence utilisées dans le domaine des radars, de la télécommunication et de la téléphonie mobile, semblent avoir des effets biologiques non thermiques potentiels plus ou moins nocifs sur les plantes, les insectes et les animaux, ainsi que l'organisme humain, même en cas d'exposition à des niveaux inférieurs aux seuils officiels. [...] Attendre d'avoir des preuves scientifiques et cliniques solides avant d'intervenir pour prévenir des risques bien connus peut entraîner des coûts sanitaires et économiques très élevés.

Résolution 1815 du Conseil de l'Europe, 2011

Article publié initialement le 27 juin 2019

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :