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Publié par électroprévention


Les normes actuelles de sécurité pour les dispositif de télécommunication sans fil ne tiennent compte que des effets thermiques, type four à micro-ondes. Les autres effets biologiques dits athermiques (qui sont largement prouvés par de nombreuses études scientifiques) ne sont pas encore reconnus. Pour l'heure, la santé des utilisateurs de téléphones ou de tablettes serait protégée par le respect d’un DAS inférieur à 2 W/kg. Sauf qu’avant 2016, les industriels étaient libres de mesurer le DAS à 15 mm du téléphone et jusqu’à 25 mm. Pour tenir compte de la réalité des usages, téléphone collé à l’oreille ou dans la poche, le DAS ne devrait jamais être mesuré à plus de 5 mm. Le protocole de mesure du DAS a évolué en 2016 dans ce sens, néanmoins, selon l’ANSES, 3/4 des téléphones vendus après la modification du protocole émettent au-delà de 2 W/kg lorsque la mesure est réalisée au contact (0 mm).


La mesure de DAS indiquée dans les notices de téléphone est donc totalement fantaisiste et ne correspond à rien du point de vue de l’exposition réelle et de la protection des usagers. Si votre téléphone est annoncé avec un DAS relativement faible de 0,5 W/kg mesuré à 15 mm, on peut estimer qu’à 5 mm le DAS pourrait bien dépasser 2 W/kg et probablement même 4 W/kg, ce qui engendre des effets thermiques importants au-delà de 6 minutes d’appel: certaines zones du cerveau pourraient subir une augmentation de température de plus de 1°C. Si l’utilisateur du téléphone est un enfant de 10 ans, il faudrait encore multiplier ce résultat par 2,5. Dans cet exemple, un téléphone apparemment relativement sûr pourrait causer en réalité un débit d’absorption spécifique de 10 W/kg sur certaines zones du cerveau d'un enfant si la mesure était réalisée à 5 mm. Au contact à 0 mm l'induction thermique pourrait être encore plus élevée. En réalité, les effets sur le cerveau sont complexes et difficiles à estimer puisque cela dépend de la distance, du type d'onde, de sa fréquence et des spécificités physiologiques du crâne et du cerveau de l'utilisateur...


Le téléphone n'est pas un jouet et les parents devraient en limiter l'usage par leurs enfants en fonction de leur âge. Le mobile collé à l'oreille est déjà fortement déconseillé aux adultes, donc à plus forte raison aux enfants.


Écouter "Des ondes électromagnétiques, pour le meilleur ou pour le pire", France Culture, 17/11/2019.


Dans son rapport paru en juillet 2019 « Téléphones mobiles portés près du corps et santé », l’ANSES reconnaît qu’il existe un risque réel pour la santé des usagers lorsque des appareils émetteurs sont en contact du corps. En attendant que les normes tiennent compte de la réalité des usages, l’Agence invite « les utilisateurs de ces appareils à se conformer aux prescriptions d’utilisation (distance d’éloignement) mentionnées par les fabricants dans les notices ».


L’ANSES dit vouloir tenir compte de l’évolution des usages qui rend la norme caduque lors des mesures du «DAS tronc» (téléphone à la main ou dans la poche, tablette ou ordinateur connecté en Wi-Fi posé sur les genoux). L’Agence s’inquiète aujourd’hui de l’inadéquation des mesures du DAS à l’évolution des usages, ce qui se justifie pour certains objets connectés mais pas forcément pour le téléphone. La tendance est de le tenir fréquemment à la main pour voir l'écran, donc plus loin du cerveau.


L’ANSES ne s’est jamais inquiétée auparavant du fait que le «DAS tête» mesuré à 15 mm ou plus de la plupart des téléphones actuellement en service n’a jamais reflété la réalité de notre exposition lorsqu’on tient le téléphone normalement contre l’oreille durant un appel. Or le cerveau est l’organe le plus sensible aux rayonnements électromagnétiques. Le courant majoritaire chez les experts semble plus se préoccuper des troubles de la fertilité masculine qui sont reconnus par toutes les études, que des troubles cognitifs, du comportement, du sommeil, neurologiques, pourtant largement prouvés.


Tandis que les utilisateurs sont complètement dépassés par les aspects techniques et se fient à la mesure du DAS indiquée, les experts de l’ANSES reconnaissent à petits pas les risques des dispositifs de télécommunication sans fil. Même en ne tenant compte que des effets thermiques liés à une trop forte exposition, le téléphone portable est enfin officiellement reconnu comme nocif lorsqu’il est en contact du corps.


Si vous téléphonez beaucoup avec le portable collé à l’oreille et que vous êtes un jour victime d’une tumeur cérébrale, ce que l'on ne souhaite évidemment à personne, les responsables politiques et dans le domaine de la santé ainsi que les industriels pourront se dégager de toute accusation en répondant qu’il est de la responsabilité des usagers (ou de leurs parents) de lire et de tenir compte des notices d’utilisation, ou de se tenir informés des recommandations officielles.

Pour ce qui est des recommandations d’usage des technologies de télécommunication qui tiennent réellement compte des effets sur la santé scientifiquement connus :

- Préférer des connections filaires.

- Sinon, se tenir le plus éloigné possible des appareils émissifs. Plus de 5 mètres d’un modem Wi-Fi ou d’une base de téléphonie fixe sans fil, idéalement 10 mètres.

- Utiliser une oreillette équipée d’un tube d’air lors des appels avec un téléphone mobile.

- Préférer les appels courts et lorsque les conditions de réseau sont optimum, jamais en se déplaçant.

Morceaux choisis du rapport ANSES « Téléphones mobiles portés près du corps et santé » (juillet 2019)

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