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Publié par Vinz


En ce printemps 2020, le confinement généralisé en France ou ailleurs ressemble à ce que vivent en matière de vie sociale certaines personnes handicapées, dont les EHS qui souffrent d’une forme sévère d’hypersensibilité aux rayonnements électromagnétiques. Exclus de presque tous les espaces d'échange et de partage, réels ou virtuels, les EHS sont déjà forcés de vivre confinés du fait d'une autre épidémie, électromagnétique celle-ci, plus ancienne et permanente.


Les pouvoirs publics montrent presque partout dans le monde une très forte volonté d’empêcher la propagation du nouveau coronavirus et de nombreux États ont pris des mesures extrêmes qui limitent drastiquement les libertés individuelles. Des fonds considérables vont être débloqués pour sauver l'économie.


Par l’ordonnance n° 2020-320 du 25 mars 2020 publiée ce 26 mars dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire, le gouvernement français vient de donner tout pouvoir aux opérateurs pour installer de nouvelles antennes-relais: suspension de l’obligation de transmission d’un dossier au maire ou au président d’intercommunalité, décision d’implantation sans accord préalable de l’Agence nationale des fréquences, dispense d’autorisation d’urbanisme pour les constructions (permis de construire ou déclaration de travaux). Pourquoi ce somptueux cadeau aux quatre opérateurs français qui n'ont pas vraiment de difficultés pour vendre leurs services, tout particulièrement en ce moment?


On se prendrait presque à espérer que des décisions aussi fermes et rapides soient prises pour sauver le climat, préserver la biodiversité et réduire les pollutions environnementales, chimiques et électromagnétiques. Car c'est bien là que se jouent essentiellement la santé et le bien-être. Mais les chances sont bien maigres que soit décrété l'état d'urgence écologique.

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Devant l'engagement héroïque des soignants et la souffrance des malades, face à ce péril viral commun, la solidarité retrouve toute sa valeur. Mais ces bouffées d'altruisme se prolongeront-elles au-delà de la crise sanitaire actuelle? Non très certainement, les plus riches vont continuer de dresser des murs de plus en plus hauts pour se protéger de risques, réels ou imaginaires, toujours plus nombreux.


Le confinement peut être physique comme dans le cas d'un risque épidémique. Il peut aussi être moral, psychologique ou culturel. En effet, en dépit ou à cause d’une meilleure connaissance des risques, nous vivons de plus en plus dans la peur, masqués, retranchés, aveugles au principe que tout est lié, que nos vies sont totalement interconnectées, que nous dépendons toujours plus les uns des autres. La solidarité ne doit pas être réduite à un idéal inatteignable. Elle est indispensable à la survie de notre espèce (et de bien d'autres). L'ONU fête cette année ses 75 ans et invite les Terriens à participer à la réflexion.


En cette période où la socialisation naturelle en face-à-face est devenue presque impossible, beaucoup pensent que nous avons la chance de disposer d’outils de socialisation numérique (téléphonie, Internet) pour maintenir le lien entre les personnes et un minimum d’activité économique. Certes, la situation est rendue bien moins difficile par la possibilité de se parler à distance. Il faut néanmoins garder à l'esprit que ces outils de communication et leurs réseaux sociaux fondent aussi des communautés virtuelles où les acteurs, sous avatar et derrière un pseudo, ne sont pas réellement engagés les uns pour les autres. Or, l'engagement réciproque (le contrat social) est le fondement d'une communauté humaine.


Le smartphone vient parachever le processus d’hyper-individualisation où les acteurs se croient plus autonomes et indépendants qu'ils ne le sont en réalité. Dans une société hyper-connectée où l'information circule plus vite que nos capacités d'analyse critique, les personnes ont l'illusion d'être bien informées et jouent parfois les experts dans des domaines qui excèdent leurs compétences. Derrière une identité factice, dans des espaces virtuels déconnectés de la réalité, beaucoup trop de gens se croient autorisés à dire n'importe quoi sur tout. Celui qui choquera le plus de monde sera le plus entendu. Celui qui est le plus écouté peut décréter sans fondements ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Le menteur passe pour un sage et le raisonnable est vu comme un fou.


Les écrans personnels sont hypnotiques et entraînent des états de dépendance. Ils tendent à enfermer les utilisateurs dans des bulles, dans des états psychologiques qu'on peut qualifier de confinés, ce qui ne peut qu'empirer dans le contexte de l'état d'urgence sanitaire actuel.
 


L'origine du coronavirus est pour le moment mal connue, une transmission de l'animal vers l'homme, une mutation, une manipulation? Mais au delà de sa provenance, la question fondamentale est pourquoi maintenant? Qu'est-ce qui dans nos modes de vie et notre environnement, en particulier dans la province chinoise d'origine, pourrait expliquer cette flambée épidémique? Est-ce que le rapport essentiellement prédateur de l'Homme à son environnement naturel ne serait pas à l'origine de l'apparition de zoonoses?


Sur le plan de la santé publique, les smartphones et les appareils connectés génèrent une irradiation qui cause de nombreux troubles de la santé (voir bibliographie thématique), notamment en aggravant certaines infections bactériennes (Hamnerius, 1985 ; Taheri, 2017) ou de toutes autres origines, fongiques, virales ou parasitaires (Doyon, 2017).


Les bactéries semblent se multiplier plus vite lorsqu'elles sont mises en présence d'un champ électromagnétique de téléphonie mobile ou de Wi-Fi. Cela a été observé notamment sur la bactérie responsable de la maladie de Lyme. L'influence sur les virus quant à elle est connue via les études sur l'ARN et l'ADN puisque les virus peuvent être considérés comme des morceaux d'ADN empaquetés. En fonction de leurs spécificités les champs électromagnétiques peuvent tantôt défavoriser la multiplication d'ARN viral, tantôt la favoriser (Gold, 1994; Johansson, 2016).
 


Un médecin américain reprenant la théorie diffusée par Arthur Firstenberg (The Invisible Rainbow) suggère que l'épidémie aurait démarré de manière fulgurante à Wuhan du fait du déploiement de la 5G le plus avancé du monde... C'est une hypothèse très discutable car corrélation n'est pas causalité.


Le microbiote, qui est lié au système immunitaire, est influencé par ces rayonnements qui vont favoriser tels microbes au détriment d'autres, ce qui rompt les équilibres nécessaires à une bonne santé. Or, il a été suggéré que le virus du Covid-19 pouvait se fixer sur une bactérie du genre Prevotella, moins présente chez les enfants et mieux contrôlée par le système immunitaire des femmes. Mais cette hypothèse séduisante n'est pas confirmée. Elle est même récusée en France par l'INSERM. En fait nous en savons très peu sur le SARS-CoV-2 puisqu'il vient de se manifester il y a quelques mois.


En général nous savons très peu de choses dans beaucoup de domaines, notamment pour ce qui est de mieux cerner les causes environnementales des pathologies... Mais nous ne pouvons plus ignorer ce que le bon sens et les sciences écologiques nous disent depuis plusieurs décennies: opter pour un mode de développement basé sur la sur-exploitation des ressources de la biosphère équivaut à scier la branche sur laquelle nous sommes installés.


En ce moment de péril viral, la prudence nous impose plus encore qu'à l'habitude d'appliquer le principe de précaution et de faire preuve de sobriété avec les écrans. Afin de préserver notre santé physique et intellectuelle, il vaut mieux éloigner les smartphones autant que possible des personnes lorsqu'ils sont actifs et éteindre tous les appareils émissifs lorsqu'ils sont inutilisés (notamment la nuit). Des gestes barrières tout simples qui ne peuvent que faire du bien.
 


La pandémie en cours de Covid-19 peut encourager des initiatives solidaires mais feront-elles le poids face à l'atomisation des existences individuelles? Comme si le message évident de cette maladie virale très contagieuse qui démontre pourtant clairement notre interdépendance croissante, était inversé. L’autre, l’étranger, le voisin est impur, c’est un ennemi à tenir à distance. Il y a un siècle une grippe fut appelée espagnole alors qu'elle venait des États-Unis. Aujourd'hui certains parlent de virus chinois. A l'inverse, les autorités chinoises qui prétendent contrôler l'épidémie qualifient les nouveaux cas de cas importés...


Au-delà de cette crise sanitaire grave que nous traversons, la rhétorique guerrière fondée sur la peur était déjà très affirmée chez nos leaders politiques lorsqu'il s'agissait de répondre aux demandes d'asile et aux appels à la solidarité. Comme si la pauvreté et l'état de santé des migrants menaçaient de contagion les pays d'accueil. Pour les demandeurs d'asile et les étrangers, les frontières sont fermées à double tour jusqu'à nouvel ordre. Dans un tout autre domaine, celui de la préservation de l'environnement naturel, nos dirigeants brandissent généralement la menace sur l'emploi. On nous fait avaler le mythe que écologie et économie seraient contradictoires.


Crise sanitaire du Covid-19, crise climatique et écologique ou crise des réfugiés, la même logique de peur est à l’œuvre, le même lexique militaire et les mêmes stratégies guerrières de nos grands responsables politiques, qui justifient un esprit de confinement, une forme d'aveuglement, et le sacrifice des droits fondamentaux. Bien sûr l'état d'urgence sanitaire parait justifié, notamment en Europe du fait que nous n'étions pas préparés à réagir efficacement (manque de masques et de tests, réduction des effectifs des personnels hospitaliers pour des motifs de "rentabilité"). Mais l'hygiénisme qui implique le rejet de l'impur, du corps étranger, n'est jamais loin dans l'esprit de la guerre, de la xénophobie et du totalitarisme. Les signes avant-coureurs sont les réactions nationalistes et l'hyper-centralisation de la décision politique (les pleins savoirs et les pleins pouvoirs entre les mains d'une seule personne ou d'un directoire).


Plus que jamais la santé est l'affaire de tous. La défense des droits fondamentaux aussi. Soyons vigilants.
 


Plutôt que d'opter pour la politique de l'autruche et le confinement de la raison critique, nous devons être plus lucides sur les mécanismes réels et nécessaires d’interdépendance écologiques et économiques pour préserver notre autonomie. Il apparaît aujourd'hui particulièrement évident qu'il faut rapatrier localement ou régionalement toutes les activités stratégiques qui fournissent l’alimentation et concernent la santé. Nous devons cesser de nous laisser imposer par l’industrie des produits dangereux ou des technologies polluantes (cela va du glyphosate à la 5G) sans que les États, les collectivités locales et les citoyens ne soient consultés. Penser plus globalement. Mais travailler, consommer, vivre plus localement et surtout ensemble. Ce pourrait être un bénéfice indirect de cette pandémie du Covid.


Se faire confiance mutuellement nécessite des relations de face-à-face car la communication est bien plus qu'un échange de mots. Présent physiquement devant moi l'autre devient proche, lui qui est si loin dans les images télétransmises. Vivre au contraire confinés devant nos écrans individuels, dans des caissons qui nous isolent de la vie, c’est déjà la mort, la fin de l’espèce humaine. Nous sommes issus d’une longue évolution où les microbes ont joué un rôle essentiel. Sans eux, nous n’existerions tout simplement pas. La vie est inter-relations, contagions réciproques. Lorsque nos yeux sont rivés sur un écran, les personnes qui nous entourent deviennent invisibles et nous sommes en quelque sorte immunisés contre leur présence, ce qui contribue à faire de nous des "no life".


Nos nouvelles manières de nous informer, de penser et de communiquer ne devraient pas trop dépendre d’outils technologiques qui prétendent nous faciliter la vie mais qui nous rendent paresseux et nous abrutissent quand on en abuse. Ces technologies s'imposent de manière supra-nationale et les communautés locales, au plus proche des personnes et au plus proche de l'exercice de la souveraineté démocratique, se voient refuser tout droit de contrôle. Ce sont en réalité ces outils et le big data qui nous contrôlent et nous confinent. On constate en outre que les informations les plus "virales" qui circulent via Internet sont le plus souvent des fake news, puissants outils de manipulation de l'opinion.


Grâce à la 5G et bientôt la 6G, l'Internet des objets autonomes va nous envahir. Après les véhicules sans chauffeurs viendront les véhicules sans passagers... Les niveaux d'irradiation en MHz, en GHz et en THz seront tels qu'à la fin seules les machines survivront.


À la pandémie de la désinformation et de la peur de l'autre, le corps étranger, opposons une autre contagion lucide et solidaire. L’espèce humaine est dotée, individuellement et collectivement, de potentialités extraordinaires de créativité et d’intelligence.


Le confinement sanitaire actuel révèle qu'un état plus général de confinement des individus existe déjà, en particulier du fait des médias de masse et des outils de "socialisation" numérique. Le bouleversement de nos habitudes peut être l'occasion de dé-confiner nos esprits. Nul besoin de nous transformer en cyborgs pour cela.


Article publié initialement le 22 mars 2020, revu le 13 avril.

 


Aller plus loin sur la pandémie de Covid-19:

- L'analyse de l'épidémie de Covid-19 et de la réponse des services sanitaires par un anthropologue expert en santé publique (lui-même atteint par la maladie et soigné à l'hydroxychloroquine).

- Une crise sanitaire aggravée par le confinement qui entraîne une récession économique durable et une remise en cause de la démocratie (Jean Quatremer, Libération, ajouté le 30 avril 2020)

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